La caméline – une nouvelle culture oléagineuse pour les agriculteurs ontariens

Un oléagineux ouvre de nouveaux débouchés pour les agriculteurs de l’Ontario : la caméline.

Bien que cultivée dans l’Ouest canadien, la caméline n’a pas encore pris pied en Ontario, mais des chercheurs du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) et de l’Université de Guelph travaillent dans ce sens.

À l’heure actuelle, ils réalisent des essais en parcelles pour déterminer comment cette culture de climat frais se comporte en Ontario et comment elle pourrait le mieux s’intégrer à un assolement de cultures commerciales typique dans la région.

Selon Jim Todd, spécialiste des cultures industrielles au MAAARO, la caméline appartient à l’espèce Brassica, tout comme le canola, mais elle possède des propriétés agronomiques qui en font une culture plus attrayante que son cousin populaire.

« La caméline a une saison de croissance plus courte et tolère mieux le gel et la sécheresse. Contrairement au canola, elle présente aussi une résistance à l’égrenage, elle coûte moins cher à cultiver et n’est pas sujette à certains des organismes nuisibles courants du canola, comme la cécidomyie du chou-fleur », explique M. Todd.

Par le passé, le défi consistait à trouver un marché pour cette culture, mais cette difficulté s’estompe aujourd’hui avec l’émergence de nouvelles utilisations pour les oléagineux. 

« La caméline présente un nouveau potentiel d’utilisation dans le domaine de l’alimentation humaine et animale, ce qui pourrait en faire pour les agriculteurs une culture intéressante à ajouter à leurs rotations », estime Jeff Schmalz, président-directeur général d’Oilseed Innovation Partners, dont le mandat consiste à créer et à stimuler de nouveaux débouchés pour les oléagineux canadiens.

La caméline se prête parfaitement à l’alimentation humaine et animale, car ses graines sont riches en acides gras oméga-3 et en protéines et son huile a une longue durée de conservation.

La caméline a notamment été homologuée pour être utilisée dans la production de saumon de l’Atlantique en tant que substitut à l’huile de poisson. De plus, la moulée de caméline a été approuvée comme ingrédient dans les aliments pour la volaille, remplaçant jusqu’à 12 % de la moulée utilisée dans l’alimentation des poulets à griller et jusqu’à 10 % de celle utilisée dans l’alimentation pour les poules pondeuses et peut également être utilisée dans les rations des porcs et des bovins de boucherie.

La caméline convient particulièrement à la culture intercalaire et à la culture en relais, car elle peut être semée de la fin septembre au début octobre ou de la fin mars au début avril, selon la variété choisie.

Dans le cadre des essais en parcelles réalisés en Ontario, les chercheurs testent actuellement des variétés de camélines d’hiver avec des cultures de soya de courte et de pleine saison : ils sèment du soya en relais après la récolte de la caméline au printemps ou de manière intercalaire dans une culture de caméline d’hiver vers la fin du printemps. Ils se penchent également sur la culture intercalaire de variétés de camélines de printemps dans le blé d’hiver.

« Nous sommes curieux de voir comment la caméline se comportera ici, et dès que nous pourrons recueillir des données sur son rendement, nous serons mieux en mesure d’évaluer tout l’aspect économique », souligne M. Todd.

Le projet a débuté à l’automne 2016, avec des parcelles à Ridgetown, à Simcoe et à Winchester. Le taux de germination s’est révélé faible la première année à Ridgetown et à Simcoe, mais les trois sites présentaient un peuplement bien établi à l’automne 2017, et les rendements s’annoncent prometteurs pour la récolte de 2018.

Les semis peuvent être réalisés au semoir ou par épandage sur le sol, et les graines de caméline sont récoltées avec une moissonneuse-batteuse typique. Malheureusement, la lutte contre les organismes nuisibles demeure difficile, car peu de produits sont homologués, et en raison du manque de capacité d’extraction de l’huile au pays, la caméline cultivée dans l’Ouest du Canada est actuellement expédiée aux États-Unis pour être broyée.

Le projet sur la caméline en Ontario est financé par le partenariat de recherche entre le MAAARO et l’Université de Guelph et Linneaus Plant Sciences. Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de la caméline en Ontario, veuillez communiquer avec Jim Todd au 519?426?3823.