Engouement pour une huile de soya riche en acide linoléique destinée à la fabrication de peintures et d’enduits

(Guelph Ontario), le 08 janvier 2019 – Une variété de soya spéciale mise au point à l’Université de Guelph s’annonce prometteuse comme source d’huile pour la fabrication de peintures et d’enduits.

En partenariat avec des fabricants de résines alkydes – un ingrédient essentiel des peintures à l’alkyde généralement utilisées pour l’extérieur des bâtiments ou les plinthes ainsi que dans les apprêts – Oilseed Innovation Partners (OIP) s’emploie à évaluer l’efficacité de l’huile issue de cette nouvelle variété de soya, qui est riche en acide gras linoléique.

Le profil d’acides gras de cette huile présente une teneur en acide linoléique environ 33 % plus élevée que l’huile de soya ordinaire; tous les autres niveaux d’acides gras, y compris les acides gras saturés, sont plus faibles. Comme elle contient 12 % plus de liaisons doubles, cette huile est plus réactive et, par conséquent, elle constitue un excellent ingrédient pour la fabrication des résines alkydes utilisées dans les enduits et les peintures.

« En partenariat avec OPC Polymers, un chef de file du domaine des enduits, nous avons soumis cette huile de soya riche en acide linoléique à plusieurs essais dans différentes résines et peintures pour évaluer son efficacité par rapport à celle de l’huile de soya ordinaire, de même qu’à l’huile de lin et à l’huile de tournesol », explique Rob Roe, directeur de la commercialisation des bioproduits d’OIP. « L’entreprise a évalué la résine et la peinture à base de la nouvelle huile et s’est penchée sur des caractéristiques importantes comme le temps de séchage, la dureté à différents stades du séchage, la résistance à la corrosion et la couleur que prend la résine lorsqu’elle est sèche. »

Selon M. Roe, l’huile riche en acide linoléique a été supérieure à l’huile de soya ordinaire, et son efficacité a été comparable ou supérieure à celle d’autres huiles, comme l’huile de tournesol et l’huile de lin, ce qui laisse entrevoir un avenir prometteur pour le développement de produits.

M. Roe et Rick Heggs, membre du conseil d’administration d’OIP, ont ensuite utilisé les données obtenues pour trouver d’autres entreprises et les inciter à poursuivre les recherches exploratoires sur cette huile. En conséquence, OIP travaille maintenant avec trois autres grands fabricants d’enduits ainsi qu’avec l’Université d’État du Dakota du Nord, qui ont aussi constaté le rendement supérieur de ce produit et confirmé leur désir de poursuivre le développement de résines et de peintures à partir de cette huile.

« Les fabricants d’alkyde cherchent à créer des produits qui répondent aux besoins des marchés à créneaux, comme des bases pâles pour les peintures ou les enduits blancs ou blanc cassé, dont la fabrication nécessite une huile transparente qui ne jaunit pas lorsqu’elle est traitée à la chaleur », ajoute M. Heggs. Il souligne que l’huile de carthame et l’huile de tournesol possèdent aussi ces caractéristiques, mais qu’elles sont dispendieuses.

« Nous avons constaté que l’huile riche en acide linoléique conserve sa couleur et sèche rapidement – aussi vite que l’huile de lin dans les essais que nous avons menés –, ce qui permet de réduire la quantité d’accélérateur utilisée, dit-il. À tous égard, l’industrie des résines alkydes recherche des produits de la prochaine génération afin de maintenir ou d’accroître sa part de marché, et cette huile présente des propriétés intéressantes en plus d’être économique. »

La fabrication de peintures et d’enduits alkydes crée une demande d’environ 112 000 tonnes d’huiles végétales (soya, tournesol et lin). Des analyses et des études de marché conduites par OIP indiquent que cette nouvelle huile pourrait accaparer 15 % du marché, moyennant une superficie d’environ 85 000 acres pour la culture de cette nouvelle variété spéciale de soya à identité préservée, ce qui générerait des recettes supplémentaires sous forme de primes versées aux producteurs et de marges de transformation accrues.

OIP est aussi à la recherche d’une entreprise de semences qui se chargerait de la commercialisation et poursuivrait les travaux d’amélioration de cette variété, ainsi que d’un partenaire du secteur de la transformation qui se chargerait de la trituration, de l’extraction de l’huile et du raffinage.

« Nous en avons beaucoup appris sur le rendement de cette huile par rapport à celui de l’huile de soya ordinaire ainsi que des huiles de lin et de tournesol, et nous nous préparons maintenant à mener une phase de démonstration élargie », dit M. Roe.

Cette variété de soya a été découverte il y a vingt ans par M. Gary Ablett, éminent sélectionneur de soya de l’Université de Guelph. Depuis, elle a été perfectionnée par son collègue chercheur spécialiste du soya, M. Istvan Rajcan.

« Nous constatons une augmentation de l’utilisation de l’huile de soya dans les peintures et les enduits, et le potentiel de cette nouvelle huile riche en acide linoléique dans des applications industrielles est prometteur », déclare le président-directeur général d’OIP, Jeff Schmalz.

OIP a pour mandat de stimuler et de développer les débouchés commerciaux industriels et alimentaires pour les oléagineux canadiens. L’organisme bénéficie d’un financement du Partenariat canadien pour l’agriculture, une initiative fédérale-provinciale-territoriale.